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Si les peintures marines répondent bien souvent aux clichés du genre, Jan De Mey nous fait découvrir sa propre vision de la mer.

Dans ses œuvres, il alterne les palettes sombres de couleurs grises et noires et les teintes claires blanches. Il nous livre sa vision personnelle de la tradition de l’académie de Bruges.

Entre Breskens et Dunkerque, il donne forme à son inspiration en se basant sur une esquisse ou sur une aquarelle qu’il utilise en guise d’étude préliminaire.

La peinture de Jan De Mey est épaisse, chargée.La surface des tableaux est une croûte en mouvement, une texture qui nous ramène à cet aspect insaisissable de la mer. Il crée une pâte maniable et facile à appliquer. Cette couche épaisse reflète son intérêt pour la matière, pour les matériaux, et rassemble en un seul plan le ciel, la mer, mais aussi les personnages, les animaux ou les machines. Dans ces œuvres, la peinture distingue les objets, mais pas les réalités. Au contraire, elle les relie entre elles et les unit. Elle est toute d’abord peinture, image, illusion, jailli de l’esprit de l’artiste .

Les tableaux de Jan De Mey sont délibérément tactiles et cet aspect ne concerne pas seulement la peinture utilisée. Plusieurs œuvres laissent apparaître le support à la surface de la peinture.  La peinture, les couleurs peuvent reproduire l’illusion de la beauté et de force de la mer, mais elles suivent aussi leurs propres règles. Au sein d’une même œuvre, nous pouvons ainsi ressentir à la fois le désir de récréer la mer dans sa substance et le désir de jouer avec la réalité matérielle de la peinture. L’amour peut engendrer la confusion.

D’un seul mouvement, Jan De Mey nous fait entrevoir la séduction de l’horizon, le clapotis des vagues et la force de la brise marine et nous ramène vers la réalité tangible de son art et de son amour pour la Mer.

 

Michel Dewilde